1988 Le Songe d’une nuit d’été

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Au bord du lac de Chardes, dans une carrière coiffée de bois, un théâtre a fait son nid…

“Le Songe d’une nuit d’été”  de Shakespeare (Trophée Poitou-Charentes)

Quels défis !  Alors qu’une immense énergie met en œuvre et finalise la construction du site du théâtre de verdure, le même enthousiasme est  déployé pour  monter le premier spectacle.

Pour cette première création de taille, aucune avance financière ne peut nous être consentie. C’est dans une confiance “aveugle” que l’association de parents d’élèves de l’école de mes enfants (L’école Notre Dame) nous fait toute l’avance financière nécessaire, sans contrepartie, pour assurer et réaliser ce “projet fou à se rompre le cou”.

l'ane copieLa construction du site achevée, l’objectif est bien de gagner  l’autre pari ; y faire naître “le spectacle vivant” et, attirer, captiver et séduire tous les gens amoureux du théâtre et aussi ceux qui regardent tout cela de loin et se disent ou pensent, que ce n’est pas pour eux.

Un an avant la création, une importante réunion comble la salle de la gare.  Cette réunion est présidée par Mr Pierre Bergoin le maire, Mme Sauzeau, présidente du syndicat d’initiative cantonal, les maires des villages environnants et les présidents des associations locales…

Avec Georges Rodier, nous allons donner le coup d’envoi. Georges R.. avec éloquence tient l’auditoire sous le charme, il lui transmet sa conviction. Matérialisé par des maquettes  et des croquis, je présente le projet d’aménagement de la rive droite du lac de Chardes et le projet de création artistique. J’argumente, je suis précis donnant force détails sur les raisons de cette étude et les réalisations possibles. Pour mener à bien cette œuvre, je lance le plus large appel qu’il soit à la population d’ici et d’ailleurs. Puis, françois guilbard-2j’explique comment nous allons nous faire aider de personnes très compétentes. Ce soir là, François Guilbard est convaincant, puisque des dizaines de personnes vont s’engager et participer au travail chorégraphique. Gustave Boistard nous fait déjà toucher des yeux ce que seront les costumes du “Songe d’une nuit d’été”.

Les Isloises et Islois répondent ardemment au défi lancé, le bouche à oreille nous enrichit de beaucoup de gens venus d’ailleurs.

30 comédiens, 4 musiciens, 30 danseurs, 10 techniciens et une trentaine de décorateurs et costumières, vont pendant une année travailler sans relâche pour accueillir plus de 3000 spectateurs.

La diversité sociale et psychologique des personnages correspond au but de ce premier spectacle qui est interprété par des artistes amateurs et professionnels de tous milieux et toutes professions venant de localités proches, mais aussi de très loin. Tous s’engagent sur un calendrier chargé, de travail et de répétitions.

A 8“Le Songe d’une nuit d’été” inaugurant le Théâtre de verdure, est un choix dicté par l’évidence. Écrite à la fin du XVI° siècle, cette œuvre a su conserver sa modernité.

C’est une pièce de la nature et de la magie. L’onde du lac, la carrière abandonnée, les bois enfin lui sont un costume féerique taillé sur mesure. Nulle autre pièce que “Le Songe d’une nuit d’été” de Shakespeare n’aurait trouvé pareil endroit pour se nicher et éclore au clair de lune. Le sous-bois abritera les artisans répétant en secret une pièce de théâtre, un palais de mille et une nuits flottera sur le lac,  des roches abriteront A 5les gnomes, les arbres à feuilles tremblantes feront gambader Puck le lutin malicieux et s’affronter les fées Titania et Obéron, des eaux frissonnantes surgiront les Elfes, dans les chemins et rochers mousseux se gîteront les amants.

Georges Rodier est professeur de l’Université de Poitiers, enfant du pays. Il a longtemps animé une troupe de théâtre. Fort de ses connaissances poussées de Shakespeare et de sa langue, il me propose de signer l’adaptation française du texte écrit en vieil anglais, “Le Songe d’une nuit d’été” . Après de longs mois d’écriture, il nous remet son texte.  Il nous transmet avec passion son savoir et anime des réunions d’étude et d’analyse de l’œuvre.

A 27Les ateliers théâtre, commencent par des très longues soirées en salle où nous travaillons mot à mot les textes, les  personnages, l’interprétation. Aussi, tous les week-ends,  sans répits nous répétons le plus souvent possible en extérieur.  Là, nous expérimentons l’interprétation à distance, nous prenons en compte l’espace, le travail de la voix et le jeu. Il faut s’exercer, s’adapter et travailler, travailler…  Beaucoup de comédiens sont débutants, les ateliers de création du spectacle se conjuguent avec l’apprentissage théâtral. Le découpage de la pièce entre la cour, les artisans, les gnomes, les fées et les lutins permet d’alterner le travail individuel nécessaire, plutôt intimiste, à
celui d’équipes et enfin du collectif.

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Les décors. En même temps, je projette dessine et mets en chantier les décors. Ils sont constitués de praticables, installés sur plusieurs niveaux. Ils imitent et se fondent aux roches et à la falaise existante. Ils sont fabriqués de structures en bois, habillées de panneaux de métal déployé (Nergalto). Ils reçoivent un enduit composé de sable et d’un plâtre spécial étalé par des dizaines de personnes, hommes femmes et enfants avec des spatules et cuillères. En finition, des peintres par couches successives, peignent ces immenses surfaces, les faisant se confondre à la roche de la falaise.
Il nous faut construire une immense scène sur le lac qui va représenter le Palais de Thésée. Éloigné du rivage, comme sortant du lac, il est relié à la scène par deux passerelles arc-boutées. De hautes colonnes athéniennes se mirent dans les eaux du lac.

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Jamais je n’oublierai la mise en œuvre de ces décors lacustres. Déjà l’acheminement des matériaux était à lui seul un exploit. Soit nous les acheminions à épaules d’hommes en descendant un long chemin abrupt et  raide avec de nombreuses marches, soit, nous transbordions ces matériaux  sur une barge venant de la plage en amont à quelques centaines de mètres.
Essayez d’imaginer les difficultés de la pose dans le lac (profond ici de quatre mètres), des premiers pilotis, des pieux métalliques qui allaient servir de base et de soutien au palais immergé. Nous devions enfoncer ces pieux  dans une vase en fond de lac extrêmement épaisse. Nous étions répartis sur des bateaux qui tanguaient, bougeaient et, enfoncer, relier, assembler ces pieux tenait de l’exploit. Il a fallu pour certains se mettre à l’eau pour finaliser cet assemblage tant bien que mal. Toujours en déséquilibre, d’autres avaient le mal de mer et étaient précipités dans l’eau… Nous n’étions pas loin de la désespérance. C’est peu à peu et laborieusement que la scène a surgi au milieu du lac.

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Il me fallait bien être constructeur pour oser ces situations,  avoir une dose considérable d’inconscience et une confiance aveugle de tous mes amis devenus bâtisseurs en eau profonde pour me suivre dans ce délire et persévérer dans la construction de ces ouvrages sur dimensionnés. Même notre ami prêtre le Père Clochard fit appel à des prières pour bénir et soutenir notre action. C’était bien cela ! oui ! nous avancions peu à peu, d’un obstacle à l’autre, poussés par une foi inébranlable !

 

 

décors

Nous n’en avions pas fini avec ce décor ! Sur ce plateau tout beau, tout neuf, la première répétition était celle du bal festif  chez le Prince, en préambule aux festivités de son mariage. Quelle ne fut pas notre surprise de découvrir que dés les premiers soubresauts cadencés des danseurs, le plateau de scène se déformait, les angles s’enfonçant plus ou moins dans la vase! Ainsi les immenses colonnes dressées initialement majestueuses ressemblaient toutes différemment à des tours de Pise. Catastrophe, il nous a fallu le lendemain, dans l’eau avec des vérins, remonter un à un les angles de la scène en espérant que la stabilité serait définitive.

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Aucun moyen de levage ne pouvait être acheminé, aussi, c’est à bras d’hommes que nous avons hissé et monté d’immenses et lourdes tubulures métalliques,  portiques d’éclairage en défiant la sécurité et le vertige.

La scénographie. Le texte de Shakespeare laisse au théâtre la liberté d’accueillir ses frères de sang, la danse et la musique.  François Guilbard, originaire de L’Isle Jourdain
est chorégraphe à Paris.  Il dirige pendant de longs mois, plusieurs dizaines  d’enfants, d’adolescents et d’adultes dans les ateliers  danse. De plus, il interprétera et dansera le rôle de Obéron.

marie claude deudon-1

Marie-Claude Deudon est danseuse de carrière internationale à l’Opéra comique avec François, elle s’implique en l’assistant dans son travail de répétition. Elle interprétera et dansera le rôle enchanteur de la fée Titania.

Parti a été pris aussi de choisir, pour les costumes l’époque si fascinante de la réalisation de la pièce, celle de la Renaissance, conservant ainsi la tradition Shakespearienne des habits de scène très soignés et somptueux. Gustave Boistard  travaille à Paris dans la Haute-couture depuis trente ans. Sa passion du spectacle lui a souvent donné l’occasion de servir le théâtre et la danse. Sa vision “Renaissance” du “Songe” (recherche minutieuse des tons),

assure au spectacle sa note colorée.  Bénévoles, Anne-Marie Diguerher, Hélène gustaveMourasse et Chantal David couturières de métier, de talent, aidées de beaucoup d’autres seront les “petites mains” de Gustave. Il leur transmet l’art précieux du costume théâtral. L’atelier costume fonctionne comme une ruche ou l’on voit peu à peu les plus belles matières transformer les comédiens en personnages de conte et de rêve.

Michel Seignardie baladant son talent du Centre Théâtral du Limousin aux festivals de Bellac et de Confolens, du Théâtre d’Angers aux rencontres de Montguyon, va imaginer et travailler en lien étroit avec le chorégraphe François, de somptueux et étranges éclairages. Un groupe assidu de jeunes l’assiste dans son travail, pour certains c’est la prémisse d’une vocation et d’un futur métier.

 

costume créa

Inlassablement, les répétitions avancent. Il nous faut longuement étudier le texte, il faut le fouiller, le documenter, s’en convaincre et s’en imprégner afin d’argumenter notre imaginaire. Il faut y  adhérer, comme on adhère à une cause, tomber chaque fois réellement amoureux de cette histoire à raconter et vivre dorénavant avec elle jours et nuits. Nous sommes en  liaison intime et profonde avec l’œuvre. Il me faut travailler longuement la mise en scène, l’adapter avec pertinence aux lieux, et aux espaces. Elle doit être très claire, cohérente, avoir une unité, éviter le patwork d’idées qui fusent. Avoir l’humilité de supprimer, remettre en cause, s’approcher au plus près de l’ harmonie tout faire se dérouler comme dans un tableau  de maître.

Le travail est productif, sérieux, l’équipe est studieuse, attentive et complètement consciente des enjeux et du pari engagé qu’elle veut contribuer à gagner.

Je deviens le passeur d’hommes et d’histoire.

Voilà, cette soirée de la Saint Jean, je ne dirai pas que nous sommes prêts, c’est l’effervescence totale c’est la soirée de  la Générale, celle qui accueille la presse, des élus et des amis.

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Anecdote: C’est en tant qu’animateur de cet événement que j’arrive en préambule sur la
scène du Théâtre de verdure. Je suis ému et tremblant, j’ai à réciter le beau  prologue écrit pour la circonstance par Georges Rodier. Je l’ai mémorisé. Devant tout ce public de notre grande première je sens le trac m’envahir ! Très vite, je ne sais pas mettre de la distance entre ce texte, l’émotion et l’histoire vécue… tout se confond, se brouille… Le trac me fait débiter de plus en plus mécaniquement le texte et l’inévitable… trou ! arrive ! Honte suprême! le public sympathique, comprend probablement mon émotion, il m’applaudit… Alors ! je sors le prologue écrit de ma poche et  le lis tout bonnement.

D’années en années, dans mes créations, j’ai toujours essayé de repérer de la part des comédiens, un trou, aussi “franc” que le mien ! Je crois que je n’en ai jamais vu de pareil ! Heureusement, que j’ai été très peu  comédien !

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Prologue du “Songe d’une nuit d’été” de Georges Rodier.

 Dans cet endroit jadis perdu, abandonné

Aujourd’hui reconquis revivant façonné

Voici l’instant de vérité. Achèvement

De longs mois d’efforts, d’angoisses, de dévouement

Échéance surtout d’un pari un peu fou

Où le risque était grand de se rompre le cou.

De nombreux bénévoles ainsi sans relâche


A 01Avec belle humeur se sont donnés à leur tâche.

Leur bonne volonté au fil des jours requise

Fut et reste à la mesure de l’entreprise

Et du trac qui maintenant les étreint, immense.

Tous selon les besoins, les goûts, la compétence

Défricheurs, terrassiers, habilleurs ou acteurs

Sont dans l’enthousiasme toujours pleins d’ardeur

À l’œuvre commune ont apporté tout leur cœur

Sans briguer un emploi digne de leur valeur

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Ils espèrent simplement que la réussite

Viendra couronner cette somme de mérites.

Négligeant tout le reste ils n’ont qu’une ambition,

En s’amusant vous apporter la distraction

Et un désir ardent puissent les perspectives

Qu’ils ouvrent susciter d’autres initiatives…

 Dans un songe par le merveilleux habité,

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laissez-vous emporter en cette nuit d’été


dans cette Athènes de fantaisie, imaginaire

où le poète a entrecroisé pour vous plaire

intrigues amoureuses et enchantement.

Vous ne connaîtrez pas de dépaysement

car dans le Poitou de Mélusine où nous sommes,

les fées c’est bien connu vivent avec les hommes.

Elles joueront sans vous mutines  avec les cœurs changeant

les émois, les tourments de quatre jeunes gens

et la lourde candeur de naïfs artisans.


Réglant leurs petits comptes chemin faisant Titania Obéron

ont leur propre querelles

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Tandis que Puck rieur dans les charmes s’emmêle.

Malgré quelques bévues au prix de plus d’un tour,

triompheront enfin, la paix, la joie l’amour

Succombez aux charmes de la troupe folâtre

de ses facéties – regardez

Place au théâtre

 Au  mois de juillet 1988 se déroulent devant plus de 3000 spectateurs

les représentations  du “Songe d’une nuit d’été”

Le Point nous consacre deux pages, la Nouvelle République, Centre Presse, la Montagne, La Charente libre, les radios, la télévision…  crédibilisent, accréditent et entérinent notre démarche. Pour toutes les créations qui vont se dérouler sur les  vingt années qui vont suivre,  l’intérêt et le suivi porté des médias deviendront sans aucun doute, un acteur influent vecteur de crédibilité face à de tels projets. Ainsi, Ils les valideront, influençant les financements publics et privés et surtout sensibiliseront le public que la société de loisirs d’aujourd’hui tend à éloigner de cette démarche artistique et culturelle…

Extraits de Presse:   “Féerie du décor, grâce et qualité des acteurs, burlesque des situations, tout contribue à entraîner le spectateur dans “le Songe d’une nuit d’été” sur le bord du lac de Chardes au Théâtre de Verdure. Transporté l’espace de quelques heures dans une nuit de rêve hors des limites habituelles, il succombe à l’enchantement. Le jeu, la musique, le charme et c’est à regret qu’il sort de l’envoûtement pour retrouver la réalité.    Le rêve continue.” …

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 Un rideau imaginaire est retombé sur le théâtre de verdure, diaphane comme les voiles des elfes, enfermant dans ses plis ondulants et légers le cristal d’une larme… C’était la fin d’un “Songe d’une nuit d’été”.

Aventure extraordinaire vécue avec foi et espoir enthousiasmant les spectateurs.

Trois heures de spectacle où l’on entendait à peine des chuchotements , vite réprimés, seulement des rires et des applaudissements.” …

 Cette année 1988, l’enthousiasme d’un groupe, la magie d’un lieu, conjugués ont fait des miracles. Double succès portés par l‘élan fantastique d’un groupe qui a su se dépêtrer du béton comme de la mise en scène.

A 6“Les gradins ce dimanche soir étaient non seulement bondés, mais la scène tapissée de spectateurs assis à même le sol sur des coussins.  Face aux comédiens très émus, une immense ovation, des rappels succédant aux rappels ont salué cette dernière .”

“Puck” le lutin fou et facétieux ce soir là, nous a promis

Si nous petites ombres légères

N’avons pas eu l’heur de vous plaire

Pensez  pendant quelques moments

Que vous avez rêvé en dormant

Cette pauvre  et futile fable

En deviendra plus acceptable.

Si aujourd’hui, vous pardonnez,

Si grande joie vous nous donnez,

Bien qu’elle soit en méritée,

Mais si précieuse en vérité,

De ne pas trop nous houspiller,

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Alors, Puck peut vous le bailler,

Nous reviendrons et feront mieux

Vous n’en pourrez croire vos yeux

Je vous donne à tous le “Bonsoir”

Salut, Amis, à vous revoir

Et pour le divertissement

J’espère un applaudissement !

Le “Songe d’une nuit d’été a bercé les soirées des 3000 spectateurs qui n’eurent pas à boire de breuvage magique pour être enchantés; il a cristallisé les conversations, les curiosités (pas toutes sympathiques au départ) et finalement un intérêt très vif, sinon l’enthousiasme. La seule véritable critique entendue regrettait que les représentations n’aient pas été plus nombreuses, et la réflexion la plus répandue était bien : “On ne s’attendait pas à cela ! ‘”

Tirer d’un fourré à peu près impénétrable cette conque délicate ouverte sur le lac de Chardes avec les coteaux de Villodier en toile de fond, y monter Shakespeare  avec une soixantaine d’acteurs amateurs et des figurants somptueusement costumés, évoluant dans un cadre et un éclairage féeriques, tient de l’exploit.

Ce fut le résultat, depuis des défrichements pénibles jusqu’à une scénographie raffinée de l’élan collectif d’une population; ce fut le résultat, dans la réalisation de la pièce, d’un esprit d’équipe dans lequel l’ardeur, la

solidarité, l’amitié, l’amour du “bien fait” ne se sont jamais démentis.

A 19Bien sur, après avoir été séduit par un site, conscient des lacunes et des besoins de la région, maître d’œuvre, il m’a fallu “oser” en calculant les risques avec la volonté et le courage de persévérer. Laisser de côté réflexes habituels, routine, réticence, incrédulité, critiques pour aller de l’avant, remettre sans cesse sur le métier, croire à ce que l’on entreprend, bâtir avec d’autres pour d’autres, cela ne s’appelle-t-il pas l’Espérance ?

Aussi cette première aventure débouche sur plusieurs réflexions ou enseignements :

Le public des zones rurales est parfaitement capable de supporter et d’apprécier des œuvres prétendues difficiles et des auteurs généralement considérés avec méfiance sinon avec crainte. Ce serait le mésestimer, lui manquer de respect que de lui proposer des pantalonnades infantiles ou triviales. La pédagogie de l’animation repose sur la qualité et la recherche de l’effort mutuel. Elle se doit d’être valorisante.

Le canton de L’Isle Jourdain peut très bien devenir un pôle touristique et culturel. Nous le pensons, l’événement l’a démontré; il suffit de vouloir et d’imaginer.

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Il est nécessaire que, comme le disait le prologue du Songe, “…les perspectives ouvertes par le théâtre de verdure suscitent d’autres initiatives”, ce qui paraît se préciser.

L’Isle Jourdain a un théâtre de plein air qui va faire bien des envieux très loin à la ronde.

Les succès conjugués de la réalisation du théâtre de verdure au bord du lac de Chardes et la création du “Songe d’une nuit d’été” ont donné naissance à l’association   “L’Isle était une fois”

Il n’a jamais été question dans l’esprit des responsables de l’Association de réserver le “Théâtre de Verdure” aux seuls spectacles qu’ils montent. Ils l’ont toujours voulu totalement disponible, ouvert à tous les groupes ou mouvements, publics ou privés qui seraient intéressés par cet espace scénique dont la séduction est certaine et l’utilisation polyvalente

Une convention d’occupation et d’animation de ce lieu, est définie et signée par la

gradins coussins-2

municipalité propriétaire.

. Simplement comme le spécifie la convention passée avec la commune de L’Isle Jourdain, l’Association doit être consultée sur les éventuelles programmations proposées.

La MPT de L’Isle Jourdain et d’autres associations y accueilleront du théâtre, des groupes folkloriques et des musiciens… des concerts… des expositions… des créations chorégraphiques…

 Savoir s’entourer .

le songe belle photo-2Metteur en scène !  Il peut être fréquent de se laisser naturellement éblouir par l’arrivée systématique des applaudissements quelque soit la qualité de la représentation ! Je ne suis pas dupe. Professionnel ou amateur, les causes produisent toujours les mêmes effets. J’ai toujours vu  dans ces réalisations, les proches composer  une cour indulgente et acquise et le public applaudir  parfois bien complaisamment. Le risque est que ce comportement contribue à nous priver de toute objectivité et de recul sur notre travail.

capture théâtre de verdure gustaveJe garde le souvenir très précis d’un comédien d’une compagnie parisienne, présent au succès de notre première pièce.  Le lendemain, longuement, il m’a développé une critique des plus aiguë et franche sur ce que son regard professionnel avait vu.  Ma forfanterie en prenait un sacré coup. C’est la plus juste leçon de théâtre, que j’ai pu recevoir. Il me mettait face au mur de ce que l’on disait être un succès . Certes à ses yeux, il y avait des points d’intérêt, mais , il me développe des faiblesses, des failles et médiocrités dans les jeux et la mise en scène. J’adhère tout à fait  à ses propos, froissé contre moi-même de ne pas  avoir remédié et rectifié ces défauts dont j’avais toujours eu conscience. La démonstration par l’évidence de la nécessité du travail en tout point, me sautait aux yeux. Dans le théâtre, on ne  dissimule rien au public, même néophyte. 

Capture d’écran 2014-08-14 à 17.36.08 Je n’ai jamais oublié cette leçon que me dictait l’exigence. Je me donne la nécessité de ne jamais faire de compromis ! J’apprends dorénavant à aller au bout du travail donc des exigences à demander aux comédiens, persuadé que c’est  leur témoigner du respect  que de les amener à se dépasser par la nécessité d’un travail précis et rigoureux.

Photos : Jean-Jacques Godfroid – Michel Mourasse

 

 

lolitaDécembre 2016, Lolita Pacreau nous quitte.  Lolita interprétait une magnifique Hyppolyte cette année là. Avec Stéphane Godfroy son compagnon, elle participe activement à cette première création. L’année de Tristan et Iseult elle travaille à la recherche et documentation historique.


J’ai fortement éprouvé le besoin de réaliser quels que soit leur qualité, ces montages vidéo afin de partager avec vous les traces filmées et collectées de-ci de-là, de toutes ces aventures… j’avais besoin de reprendre à zéro chacune d’elle pour comprendre ce que nous avons vécus, retourner sur leurs traces, y saisir les témoins et les imprimer… Trace, survivance de l’éphémère instant où tout ne serait qu’un rêve si elles n’étaient préservées par l’écriture, l’image qui ont la chance de rester vraies aujourd’hui encore et toujours…