25 décembre 1995 le Théâtre de Verdure est incendié

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 1994-1995, le Théâtre de Verdure attire toujours un public fidélisé. Le spectacle continue sans ma participation associative et artistique.  L’association “L’Isle était une fois”  (voir les articles joints à la fin de ce chapitre) est dirigée par Danielle Barbier la Présidente et Jean Pierre Melon le Vice-Président (aujourd’hui, Maire de L’Isle Jourdain.) Elle met en œuvre ses nouveaux projets et animations.

1994: Georges Feydeau: création : “La Poudre aux yeux” au “Café théâtre du lac” Un stage Chorégraphique                                                                       une Création Chorégraphique au Théâtre de Verdure

1995: Molière: “création « Le Malade Imaginaire »

(Ces projets de » L’Isle était une fois », réalisés dans la continuité ont attiré de nombreux artistes et un nombreux public. Je ne puis les développer ici, n’y ayant pas participé.)

Dans l’après-midi de Noël 1995  un feu a été allumé sous les gradins du Théâtre de Verdure. Notre travail et notre rêve sont partis en fumée cet après-midi froid de Noël. Le brasier se voit de très loin, les locaux techniques sont détruits ainsi que toutes les structures logistiques… Cet espace est aménagé sur plusieurs niveaux, ce sont les coulisses de nos spectacles. L’hiver, il abrite les décors et praticables en bois dont l’immense parquet de scène.

Le béton des gradins a résisté en grande partie. Dès que j’ai pu, j’ai constaté que l’ouvrage, mur et béton n’était pas trop endommagé.

Je suis juste sorti de l’hôpital, je reçois cette information message avec fatalité et interrogation !Mille questions me viennent ! Qui a fait cela ? Pourquoi ? Que cela veut-il dire ?

incendieJe ne peux m’empêcher de penser que ce sinistre s’inscrit dans le contexte et une suite logique de faits établis ces années là ; Depuis longtemps l’ensemble des espaces autour du Théâtre de Verdure, est squatté périodiquement, ils subissent des dégradations plus ou moins graves. Les loges et locaux techniques sont régulièrement visités et puis vandalisés, les installations électriques cassées…

La municipalité (de l’époque) adopte une indifférence totale quant à l’intérêt de ce lieu connu et reconnu ! Elle ne l’entretient ni le surveille. Elle n’a pas conscience que par ce détachement d’un bien lui appartenant de plein droit, au même titre que le camping, le terrain de foot ou le club nautique… elle validait le vandalisme latent.

Face à ce sinistre, je pensais, atterré, à ces hommes et ces femmes bénévoles qui avaient bâti si généreusement et donné des milliers d’heures à oser rêver un exceptionnel… On avait oublié, effacé la valeur de leur travail !

Seulement, à ce moment, quelques amis me manifestent leur tristesse. Je ne suis pas en force et état de réagir et j’entre jusqu’à aujourd’hui, dans le silence.

incend 4Tout ici s’avère aujourd’hui insolite et absurde. Est-ce la bêtise, l’ignorance des hommes qui continuellement persistent à détruire ce qu’ils ont construit ?

C’est en toute impunité et dans une apparente indifférence que ce lieu est devenu une ruine aujourd’hui ! Le joli sentier qui relayait le théâtre de verdure à l’espace nautique ou au camping, n’est plus qu’un semblant de chemin entre ronces et orties où il faut enjamber les ruisseaux … Il est redevenu le lieu privé des pêcheurs épris de tranquillité !

Jusqu’à ce jour, les hommes et les femmes, les travailleurs de l’ombre dans ces lieux sont restés pudiquement, sans voix ! Comme dans un deuil, un rideau est tombé. Comme un tabou, on se retient de parler de ce lieu, et, même d’y penser ! Comme une injustice, on n’a pas voulu dévoiler le coupable !  Pourquoi ?

theatre13theatre 1 theatre 2 theatre 3 theatre 4 theatre 5Ce lieu a-t-il jamais existé !

Pour certains, il avait peu de raisons d’être ! Il était même un peu dérangeant, et puis “ il y avait des dangers !

Pour les autres, c’est un immense regret, une nostalgie, de merveilleux souvenirs.

Pour d’autres encore, c’est l’incompréhension.

Quant à moi, c’est une blessure, et je ressens l’impression d’un immense gâchis… Je ne peux me défaire d’un sentiment de culpabilité face à tous ces gens d’ici et d’ailleurs qui ont œuvré en rêvant, d’un voyage plus long !

Ody 2…Lieu dangereux, interdit au public depuis le 26 décembre 1995 , cet espace communal n’était pas assuré des dommages. Concernant le sinistre, aucune plainte n’a été portée !  Je ne puis me résigner à trouver normal que cet espace public qui accueillait entre trois et quatre mille spectateurs et visiteurs depuis 1987, ne soit pas assuré et soit laissé à l’abandon, aux mains de vandales, en toute impunité ?

Je sais qu’en secret presque en cachette, avec pudeur et retenue, ce lieu difficile d’accès reste encore aujourd’hui, un lieu de passage. . Les gens viennent encore, comme autrefois
s’asseoir sur les gradins à méditer penser ou se laisser aller à la rêverie …

On peut toujours rêver ! Évidemment, retrouvant demain ce lieu comme nous l’avons

theatre9Sthéâtre de verdure moi et aujourd'huiconnu, nous serions certainement nombreux à ne pas hésiter à y projeter encore quelques rêves. La nouvelle génération, j’en suis certain, motivée, serait heureuse d’y travailler…   Mais soyons réalistes… on ne refait pas l’histoire…

 

Je reviens sur ces années 1994-1995.

Interruption ou pause ? Je vis mal ces longs mois « en suspens ». Je ne me projette plus, car je suis isolé de tous ceux qui étaient mes amis et mes comédiens !

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Photos : Jean-Jacques Godfroid –  Michel Mourasse – Pierre Jeamet.

Article de Presse  (1) de l’AG de « L’Isle était une fois » au printemps 1995. Article de presse (2) Assemblée Générale de novembre 1995.

Un beau projet prenait vie au Café Théâtre et au théâtre de Verdure pour l’été. L’après midi du Noël de cette même année, le feu était mis sous les gradins. Dorénavant le Théâtre de Verdure était par arrêté Municipal, interdit au public.

(1)

article 1995 AG 1

 

 

(2)

article isle etait une fois 1995